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Jean Berlouin dit Nantel


Fils de Jacques Berloin et de Jeanne Charron, de la paroisse Saint-Léger de la ville de Saint-Maxient, évêché de Poitiers au Poitou, il contracte mariage devant le notaire Fleuricourt, le dimanche 7 novembre 1694, avec Marguerite Forget, baptisée à Montréal le jeudi 8 avril 1666, fille de Nicolas Forget et de Madeleine Martin, et veuve de Jean Mouloin. De leur union naissent cinq enfants. Son épouse étant décédée en juillet 1704, il contracte mariage devant le notaire Senet, le dimanche 13 septembre 1705, avec Marguerite Delpêche, née à Répentigny le lundi 17 janvier 1678, fille de feu Bernard Delpêche et de Marguerite Jourdain, et l'épouse à Saint-François de l'île Jésus le lundi 14 septembre 1705. De leur union naissent sept enfants.

Il va s'établir à l'Île Jésus où il reçoit des Sulpiciens, le 27 mai 1698, une concession de quatre arpents de terre de front par vingt arpents de profondeur. Son épouse avait été mariée à Jean Mouloin qui, le 12 septembre 1693, avait loué avec Nicolas Forget, la terre de Pierre Perrotin à Lachesnaye. Ignace Nafrechoux, procureur de Pierre Perrotin, leur donne quittance de 116 livres et 5 sols de ce bail le 16 mars 1701. Ils ont remboursé au moyen de quinze minots de blé. Son épouse décède le 26 juillet 1704, en donnant naissance à un enfant qui ne survit pas. Le 14 janvier 1705, il fait procéder à l'inventaire des biens par le notaire Senet et le 27 janvier suivant a lieu le partage. Les héritiers des deux lits, c'est-à-dire du mariage de Jean Mouloin et Marguerite Forget, et de cette dernière avec lui, sont au nombre de sept. Ils ont deux terres à se partager, celle de Laschenaye ayant appartenue à Muloin et mesurant six arpents de front par vingt arpents de profondeur où il vit, et celle qui lui appartient à l'Île jésus mesurant quatre arpents de front. Pour la commodité de la chose, on les divise en trois lots, un premier lot pour les héritiers du premier lit, un second pour ceux du deuxième lit et un troisième pour lui. Elles sont tirées au sort. Sa terre de l'Île Jésus lui revient.

Sa nouvelle épouse étant héritière d'un cinquième de quatre-vingts arpents de terre avec un îlet à Répentigny, avec son consentement, il vend cette part, le 5 novembre 1706, à Jean-Baptiste Thouin pour la somme de 155 livres, dont il reçoit aussitôt 80 livres par une jument que lui cède l'acheteur. Il lui en donne quittance finale alors qu'il est hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de Montréal le 7 juin 1710. Il avait contracté une obligation de 118 livres 2 sols et 7 deniers envers Pierre Perthuis devant le notaire Adhémar, le 12 novembre 1706. Après solde de tous comptes, il en obtiens quittance, le 14 janvier 1709. Il vit à Pointe-aux-Trembles depuis le 14 février 1708 y ayant loué pour une période de cinq ans la terre de l'aubergiste Joseph Martel. Au terme de ce bail naît un malentendu entre lui et Martel. En vertu d'une requête de ce dernier à la prévôté de Montréal, le 26 février 1714. Tous les effets, les grains et autres choses qu'il possède sur cette ferme sont saisis. On va en arbitrage et il y a entente après jugement des arbitres Nicolas Desroches et Toussaint Beaudry. Il décède le 4 novembre 1740 à l'Île Jésus et y est inhumé le lendemain. Sa veuve épouse en deuxièmes noces le 24 novembre 1743, Joseph Labelle

Votre ancêtre était: Capitaine de Milice

L'institution de la milice canadienne remonte au temps du gouverneur Frontenac. Au commencement, alors que les groupes disséminés le long de la côte étaient desservis par un missionnaire qui allait de poste en poste et n'étaient pas encore érigés en paroisses, il y avait un seul capitaine pour plusieurs groupes; il portait le nom de "Capitaine de la côte". Plus tard, chaque groupe, devenu plus considérable, constitua une paroisse: chaque paroisse eut son capitaine qui s'appelait "Capitaine de Milice". Votre ancêtre occupa cette charge de capitaine de milice.

C'était le Capitaine de milice qui recevait les ordres du gouverneur et les communiquaient aux gens de sa paroisse. Il était employé comme huissier également. Il devait de temps en temps faire l'exercice militaire, lequel se bornait au tir à la cible. Les Canadiens ne se battirent jamais autrement.

La milice ne recevait aucune paye, mais ses officiers, tous habitants, étaient reconnus comme porteur des ordres du gouvernement. Cet honneur était leur salaire.

La chaîne des milices allant de côte en côte, servait en temps de paix comme en temps de guerre de moyen de communication. Aujourd'hui, nous avons le chemin de fer et le télégraphe.

Le capitaine de milice de la paroisse ou de la côte avait son banc attitré à l'église, et la chose s'est continué jusqu'à la Confédération. Après la cession du pays à l'Angleterre, les autorités militaires Anglaises confièrent aux Capitaines de milice une foule de devoirs, entre autre, ceux de juge de paix. Les officiers de milice restèrent très en vue, considérés, employés à divers services de justice.

Les Capitaines de milice ne s'en laissaient pas imposer par les officiers anglais, ils savaient que les autorités comptaient sur eux et qu'ils avaient droit au respect public et privé. D'ailleurs, comme militaires, ils entendaient la guerre en ce pays mieux que les officiers venus d'Europe.


© 2008 Serge Corriveau